Invité d’honneur : Paul GONEZ

Fév 1, 2017

by admin

Né à quelques encablures de l’océan, en Loire atlantique, en 1946, Paul Gonez emprunte à Neptune non seulement sa barbe mais aussi une forme de puissance démiurgique. C’est moins les tempêtes qu’il brave que le ressac de la vie tumultueuse de la matière et des êtres qu’il transforme et transfigure dans son œuvre.

Étudiant à l’école des Beaux-Arts de Besançon, de 1962 à 1965, il s’efforcera d’embrasser la totalité du réel dès ses premières sculptures en 1966.

A la fois artisan puissant et artiste délicat, il alliera très vite à ce réel l’imaginaire et le symbolique donnant ainsi forme et corps à une matière vivante, à la fois héritière de mondes révolus, matrice des mondes actuels mais aussi en gestation des mondes à venir.

C’est ainsi qu’il se consacrera d’abord à la sculpture animalière jusqu’en 1978, osant jusqu’aux formes les plus fantasmagoriques dans un bestiaire où la précision le dispute, en permanence, à la projection de figures archaïques et parfois même hallucinées…

Ainsi sera-t-il de cet aigle déposé, en 1974, sur la place Saint-Pierre, à Besançon, tout à la fois envolé des forêts franc-comtoises si proches et qui ont tant inspiré Courbet, et surgi, dans une éclosion première de ses mains.

Il faudra attendre 1979 pour que le naturaliste approche le travail du bronze, d’abord par des créations chimériques où d’étranges mutations s’autoféconderont à la fois animales, végétales et minérales.

C’est arrivé à ce point là de son parcours, parcours fait autant de vagabondages que de résidences d’artiste, qu’il passera, en 1985, presque naturellement à une autre dimension de son œuvre, la dépouillant à l’extrême de ses singularités pour tenter d’atteindre l’universel, l’essence même de la matière.

Des sculptures abstraites, se référant le plus souvent aux grandes représentations symboliques, jailliront alors de son atelier où, mi-homme, mi-Vulcain, Paul Gonez insufflera à la matière un esprit vibrant, celui de son histoire et de ses métamorphoses successives, comme en témoigne, en particulier, sa période africaine après un séjour au Zaïre en 1991.

Persévérant dans sa quête de l’essentiel, entre figures minérales, animales, humaines ou cosmiques, Paul Gonez s’engagera, à partir de 2003, dans des sculptures aussi insolites que mystérieuses, telles ses panoptiques, ses représentations de l’espace-temps, ses effigies ethniques et guerrières, toutes compositions qui ne peuvent que provoquer émerveillements et questionnements sur notre présence au monde, voire sur notre destinée, dans le grand chaos mais aussi le somptueux ordonnancement de l’univers.

Aussi pour aider le lecteur à parcourir ce demi-siècle de création, cet ouvrage propose-t-il huit sections qui présentent, chacune, une série d’œuvres engagées dans une même recherche formelle. En effet, bien qu’aucune frontière ne les sépare puisqu’elles s’enchaînent toutes dans une même dynamique créatrice, elles permettront au lecteur de marquer des pauses et d’apprécier ainsi par étape la grande cohésion que le cours du temps laisse apparaître de l’œuvre de Paul Gonez, œuvre ramifiée et vaste comme peut l’être un grand chêne dont l’ampleur de la frondaison nous invite à en imaginer les secrètes, obscures et puissantes racines.

Jean-Christian Vaulot-Pfister

S’inscrivant dans le prolongement du livre « Paul Gonez » publié en juin 2016 par les éditions du Belvédère, l’exposition organisée à Charquemont, revient sur une carrière riche et féconde. Natif de Loire-Atlantique, l’artiste bien connu des Bisontins est vite devenu un Comtois d’adoption, apprenant les ficelles de son métier auprès de maîtres comme Georges Oudot, Jean Gilles et Jacques Voitot. Célébrant un demi-siècle de création, cet événement nous plonge dans l’univers singulier d’un sculpteur aussi talentueux qu’attachant, nous permettant de mieux connaître le monde de ce démiurge des temps modernes, d’un homme dont le parcours personnel n’a cessé d’évoluer au fil du temps. Retracer cette trajectoire revient à découvrir ou redécouvrir une œuvre autant captivante que mystérieuse, du figuratif à l’abstrait, des premières sculptures animalières fantastiques à des réalisations monumentales en acier inoxydable, en passant par la période des disques ailés puis à celle des pierres métamorphiques enchâssées dans le métal, longue quête bercée par le travail des métaux. Au cours de ses 50 ans de pratique, Paul Gonez n’a donc jamais cessé de se renouveler au fur et à mesure de ses inspirations, sa vie étant animée par une dynamique créatrice qui n’est pas près de se tarir, comme en témoigne ce rendez-vous…

Arnaud Dochtermann

Informations


La cinquième Biennale d'Art Contemporain de Charquemont aura lieu du 14 au 17 septembre 2017.
Son thème sera 'Pourquoi pas!'

L'invité d'honneur sera l'artiste sculpteur Paul Gonez

La sculpture 'Construction autour de la lettre G' sera à gagner lors d'une tombola.

Adresse

Site de la Salle des Fêtes
25140 CHARQUEMONT

Contact

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Contact artistes

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